Avez-vous déjà eu le sentiment que l’on prenne vraiment le temps pour vous ?

Ce matin, après ma douche, face au miroir, j’en ai assez de voir ma tête ! Je décide donc d’aller me faire couper la tignace cette après-midi même, après le repas. Un petit salon de coiffeur, barbier se tient a proximité du restaurant où nous déjeunons. La devanture est minimaliste, près de l’entrée, quelques serviettes posées sur un étendoir flottent sous la force du vent. Ici, aucune table basse sur laquelle sont disposés des magazines, aucune photo ou tableau ornant les murs, pas même de télévision alors qu’elle est presque culturelle dans ce pays ! Le barbier, d’une cinquantaine d’années, à l’allure sportive, ne parlant pas la langue de Shakespeare m’indique à l’aide de sa main, de prendre place dans l’un des deux fauteuils que compte son salon. N’ayant aujourd’hui, que très peu étoffé mon vocabulaire Turc, je lui montre à l’aide de deux doigts, la longueur que je souhaiterais sur les côtés et le dessus. L’homme acquiesce d’un hochement de tête et nous propose comme le veut la coutume, un thé (tchaï), chose que nous acceptons volontiers… Sans dire un mot, il  humidifie toute ma chevelure à l’aide d’un vaporisateur puis saisit son ciseau. C’est d’un geste assuré qu’il commence à désépaissir mes cheveux. La vitesse avec laquelle il joue de son instrument, émet une douce mélodie m’invitant à la détente. Après 10 mn, je lui demande de désépaissir encore un peu, avant qu’il ne pose son ciseau. Peu à peu, la morphologie de mon visage, s’harmonise avec ma nouvelle coupe de cheveux. C’est comme s’il visualisait mon attente, sans que je sois obligé de lui dire quoi que ce soit ! Avant de poser son ciseau, il en profite pour me reprendre les sourcils, les poils du nez ainsi que ma patte de mouche. Après quoi, il me badigeonne le visage de mousse à l’aide de son blaireau. Il saisit un rasoir comme nous n’avons plus l’occasion d’en voir et le trempe dans l’alcool, avant de l’enflammer… S’en suit un rituel; il tend ma peau afin que le rasoir glisse comme sur de la soie. Devant moi, légèrement à ma droite, est posé sur le plan de travail, un objet en fil de fer tressé dont je m’interroge sur son utilité. Je vais bientôt le découvrir… Car il le saisit l’instant d’après, le trempe dans un verre d’alcool puis l’enflamme ! Sa main gauche me cache les cheveux autour de mes oreilles, pendant que sa main droite fait des aller-venus très rapide avec la torche enflammée contre mon visage… Il est en réalité entrain de me brûler tout le duvet et les poils sur les oreilles ! C’est à ce moment là que j’éprouve un sentiment comme jamais auparavant ! Je viens de prendre conscience que l’on prend vraiment du temps pour moi … Je ne suis pas au bout de ma surprise !  Pour faire disparaître l’odeur de cochon brulé, il va maintenant me rincer le visage et me faire un shampoing. Puis il frappe dans ses mains avant de m’appliquer un après-rasage si fort, que j’ai l’impression, qu’aussitôt appliqué, aussitôt évaporé ! Vient le tour d’une lotion crémeuse, qu’il utilise pour me détendre la peau du visage, en me massant du front jusqu’aux trapèzes. Positionné dans mon dos, il saisit ma tête entre ses deux mains, sans que je sache ce qu’il veut. En confiance, je décide de m’abandonner totalement avant d’entendre mes cervicales craquer, sous l’effet d’un geste rapide et contrôlé. Je ressens un immense bien-être après cet instant. Et ce n’est toujours pas terminé ! Il est maintenant temps pour lui de me sécher les cheveux, de reprendre les quelques poils rebelles, de m’appliquer du gel et de me nettoyer les oreilles à l’aide de coton tige. Cerise sur le gâteau, il va sortir de son meuble un flacon de parfum dont j’ai droit à trois vaporisations ! Ca-y-est c’est fini, le seul mot qu’il prononce c’est : « Perfect » ! Mais au fait, combien je vous dois ? A l’aide de sa calculatrice, il tape 20 LT, soit un peu moins de 7 euros … Cet homme, perfectionniste, a réellement pris son temps, se faisant plaisir sans en ressentir aucune contrainte ou obligation ! Quant à moi, en sortant j’étais sur un nuage ! Désormais, vous repenserez à moi, en allant chez votre coiffeur !

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Ca Gaz pas tant que ça !

Jusqu’ici, une bouteille de gaz de 13 Kg nous tenait 25 à 30 jours et quand il s’agissait de les faire remplir, nous n’avions aucune difficulté ! Chez Afriquia Gaz au Maroc, chez Gazprocar au Portugal et chez Goldengaz en Italie … Presque chaque pays possède son propre diamètre de détendeur. Certains nous diront qu’il nous faut un adaptateur universel ! C’est vrai, mais faut-il encore que l’on veuille bien vous vendre une bouteille ! N’étant pas domicilié dans le pays d’origine, l’on ne prend pas le risque de refaire un contrat pour la consigne. Il est éventuellement possible de vous échanger une bouteille locale contre une des vôtres, mais il vous faudra la récupérer avant de ressortir du pays ! Cette solution est viable si vous êtes sédentaire mais pas si vous traversez le pays. D’autres vous diront qu’il nous reste la possibilité du GPL. Là encore, ils ont raison, à condition d’installer un filtre borel et de ne pas descendre sous la barre des 3° ! Quant à la réglementation, pour être dans les normes, il nous faudrait faire installer un réservoir fixe par un professionnel agréé. Je pense que le jeu n’en vaut pas la chandelle ! Ce qu’il nous faudrait, c’est de la chance ! Rencontrer des interlocuteurs ouverts d’esprit et compréhensifs. Un peu comme l’homme qui nous a permis de remplir nos 2 bouteilles chez Petrogaz à Héraklion, sans nous demander quoi que ce soit en échange ! J’étais tellement touché par son geste, qu’il m’arrive encore aujourd’hui de me demander si j’avais vraiment pris le temps de le remercier … Après le basculement de la bouteille vide sur la deuxième bouteille, l’angoisse de tomber en panne est toujours la même … Ca en devient obsessionnel, je saoule tout le monde et passe mon temps à faire des recherches sur internet ! D’autant plus quand on voyage l’hiver et que l’on traverse des pays où il fait froid ! Par des températures constantes de -3° à 5° en voulant conserver 19 à 20° dans votre habitacle, votre bouteille arrivera à bout en 4 jours !!! Si, si, je vous assure, c’est ce qui nous est arrivé la veille de Noël, bonjour l’ambiance ! Il nous aura fallu parcourir presque 100 km aller-retour et avoir beaucoup de chance. Heureusement ce jour là nous étions nés sous une bonne étoile … Mais attendez, c’est pas tous les jours Noël ! A partir de ce moment là, notre voyage a pris une tout autre tournure ! On pourrait presque dire qu’on le subit aujourd’hui, alors qu’hier on le contrôlait … J’en veux pour preuve notre rattachement au Sud de la Turquie, en une journée ! Rechercher la chaleur et devenir sédentaire en attendant le réchauffement pour visiter ce merveilleux pays ! Alors, pour répondre à ceux qui nous ont demandé en faisant mouche sans le savoir : « Alors ça gaze ? »,  je peux leur répondre que : « Ca ne gaze pas tant que ça » !!! …

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Balos, j’y vais, j’y vais pas, allez j’y vais…

Le 23 Novembre après une nuit pleine de tracas, suite à mes recherches sur internet concernant la visite de Balos, deux alternatives s’offrent à nous ! Soit d’emprunter la piste de presque 9 kilomètres avec plus de 10% de pente, soit de prendre le bateau et laisser le camping-car au port de Kissamos en payant 73, 50 € pour les 3 ! Je passerai donc une bonne partie de la journée à scruter les allées et venues des quelques véhicules osant emprunter la fameuse piste… Le temps est magnifique en cette journée, aucun nuage à l’horizon. Aussi sur la plage à quelques kilomètres de Kissamos, muni des jumelles m’étant offertes pour mon anniversaire (merci Flo), j’observe les véhicules de tout leur long. A ma grande surprise, que des 4 x 4 montant et descendant à très, très faible allure sont aperçus ! Le léger vent pénétrant ma chevelure, me fait prendre conscience de l’importante décision ! Mon côté très courageux me dit : « t’es fou ou quoi, soit on y reste, soit on y laisse quelque chose » ! L’autre me dit : « mais oui, vas-y, t’en à déjà vu d’autre, remémore toi le Maroc avec Telouet »… Eh bien moi j’en sais rien, je ne suis pas Gémeaux pour rien, je crois ! Si j’étais né 1 mois plus tôt je serai Taureau, et là plus d’ambiguïté, allez on fonce ! Quoi qu’il en soit, en fin d’après midi, n’ayant toujours pas pris de decision, nous commencerons donc par d’abord faire des courses. Sur le chemin vers Kissamos, comme une providence, se tient soudain un panneau signalant la direction d’Elafonissos ! Super se dit ma conscience, la décision ne sera pas nécessaire ! Virage à 360° donc, et à nous le beau lagon d’Elafonissos. La route par contre ne va pas être à la hauteur de notre enthousiasme ! Après une déviation pour cause de refection de chaussée la route deviendra très étroite, traversant des plantations d’oliviers, des petits villages de montagnes et ceux sans compter sur les véhicules crétois roulant à toute allure… Après 2h00 de route, nous y parviendrons quand même, mais de nuit. Chemin aidant, ma petite conscience a, à nouveau réveillé Balos. C’est vrai quoi, après cette route de m…., il aurait peut-être mieux fallu tenter la piste de 9 km ! Raison de plus en voulant accéder à la plage du lagon ! Le chemin est en pente et les pluies l’ont raviné sur toute la descente. Par endroits, sans mentir, les ornières atteignent au moins 40 cm de profondeur… C’est dégouté, que nous rejoindrons le village traversé précédemment pour y passer la nuit. Mais non avoué vaincu puisque le lendemain nous y passerons une superbe matinée malgrè le vent et les nuages. Le lagon se traverse à pieds, le sable est rose et le site, classé Natura 2000. Regonflé à bloc, ma peur mise de côté, le camping-car remontera finalement vers Balos mais pas par la même route. Nous longerons la côte Ouest, et ne traverserons plus les montagnes… La route se déroule sans encombre, l’itinéraire est plus long de 40 km mais il ne nous faudra pas plus d’une heure et demi pour arriver sur Kissamos. Avant d’arriver, un autre panneau nous fait un clin d’œil, vous l’aurez deviné ; Balos 11 km ! Allez on va voir, dit-il ! C’était encore une fois sans compter sur le village à traverser pour atteindre la piste. Deux maisons très hautes, légèrement penchés l’une en face de l’autre auront raison de notre camping-car, qui fera ni plus ni moins, que demi tour. AGRHHHHHH !!! S’il y a quelque chose qui me rend hors de moi, c’est bien de renoncer alors que mon courage à pris le dessus sur ma conscience ! Bon, il nous reste toujours la deuxième alternative, le bateau… Arrivé au port de Kissamos, 4 gros bateaux se tiennent le long de quai. Malheureusement, à croire que le sort s’acharne sur nous, le dernier faisant la navette pour Balos s’y rendait le 29 octobre ! Le soir même, toujours aussi déterminé à voir cette merveille, je parviendrai à localiser un petit chemin traversant les quelques serres de concombre longeant la côte, grâce à Google Earth ! C’est sourire aux lèvres, plein d’étoiles dans la tête que je vais pouvoir me laisser plonger dans les bras de Morphée… A notre réveil, le temps est gris, il a plu par intermittence toute la nuit et quelque chose me dit que le moment n’est pas opportun à visiter le lagon aujourd’hui. Nous trouverons donc de multiples distractions dans l’attente d’un jour meilleur ! Deux jours plus tard le temps est toujours aussi maussade à notre réveil, nous déciderons donc avec regret de continuer notre route avec un fort sentiment d’un accomplissement non abouti. En faisant les cours à Maxim ce matin, je me sens vide et absent… Après le déjeuner, c’est comme si quelqu’un m’avais entendu, le fort vent va laisser apparaitre une éclaircie ! Je ressens le moment et ma petite voix me dit : « Vas-y c’est maintenant ou jamais ». Ok, vaisselle rapide, plein d’eau et en avant … Google Earth ne m’ayant pas trahi, nous voilà aux portes de la piste ! Nous sommes le 26 novembre, il est 15h07 et sommes à 15m au-dessus du niveau de la mer. Après 1 km, un regard complice vers Flo, sourire aux lèvres, nous nous écrions :  » on y est, et en plus la piste est plutôt en bonne état ». Du moins on le pensait jusqu’ici, car après avoir entamé le deuxième virage, la chanson prendra une toute autre tournure ! Ca grimpe sévère, le chemin est à l’aplomb de la falaise et les dernières pluies l’ont transformé en quelque chose de déjà vu 3 jours auparavant à Elafonissos… Mais là, par contre, il n’est pas question de faire demi-tour et quand bien même l’envie nous prendrait, ce serait impossible et surtout très dangereux ! Crispés comme jamais, nous continuerons notre ascension vers les cieux.  Flo ayant une peur bleue du vide, me demande de ne pas trop serrer vers la falaise ! Endossant mon rôle de nouveau pacsé aimant, je m’exécute sur le champs et rentre dans une ravine énorme nous faisant soudainement basculer à gauche. « Pu…., on va y rester ou crever un pneu, alors s’il te plait arrête de me dire ce que je dois faire et fais moi un peu confiance ». Je ne sais pas pourquoi mais à ce moment là, je vois mon ami « David Grossé » et essaie de visualiser le trajet qu’il emprunterait à notre place avec son 4 x 4. Le camping-car se comporte comme un bateau sur une mer agitée mais continue néanmoins son ascension… Nous ne rencontrerons aucun véhicule, ni âme qui vive à part des chèvres sorties de nulle part, nous accompagnant par moments. Il faut préciser que nous resterons en 1ère la majeure partie du temps avec un compteur affichant entre 10 à 15 km/h ! Il est 15h50 et arrivons sur le petit parking, culminant à plus de 760 m au-dessus du niveau de la mer ! Après 15 mn de marche nous arriverons au point de vue espéré ! A ce moment précis le temps semble s’être arrêté, nous resterons tous les 3 pendant quelques instants immobiles, subjugués par la beauté du site… Le sable est blanc, l’eau du lagon revêt un dégradé du transparent au bleu marine, nous sommes au bout du monde  » Baaaloooos » ! Excités comme des puces, nous continuerons notre descente pour nous baigner. L’eau est chaude mais nous n’aurons pas le temps de nous éterniser. Le soleil rasant ne va tarder à disparaître , laissant place à l’obscurité et l’ascension jusqu’au parking prend au moins 40 mn. L’arrivée au camping-car se fera dans la pénombre et malgré les panneaux de signalisation nous braverons les interdits et déciderons de bivouaquer ici même cette nuit ! Nous n’étions pas au bout de nos surprises et à mille lieux d’imaginer que le vent allait soudainement se réveiller… Nous avions placé le véhicule entre une petite maison et un bateau sur cales à l’aplomb de la falaise, pensant être à l’abris ! La stratégie se voulut être la mauvaise ; réveil en sursaut à 00h03, par la force du vent ayant ouvert un lanterneau. Ma lucidité et ma rapidité auront éviter l’arrachement ! Les bourrasques se veulent de plus en plus fortes, nous sommes secoués comme dans certains manèges de fêtes foraines. Ca fait peur par moment ! L’endroit choisi, se voudra en réalité être un couloir… Une heure plus tard, je décide de changer de place après avoir bravé le vent en ressentant vivement sa direction… Ca va un peu mieux, mais sans nous permettre de trouver notre sommeil. Quelques heures plus tard Flo me dit :      -  »Quelqu’un sonne »

- »Sonne quoi, et où ? »

- »Ben écoute ! »

- »Ah oui… »

Il est 7h00, et la sonnerie en réalité, se veut être le klaxon du 4×4 d’un berger appelant ses chèvres… En résumé, Balos çà déchire, âmes sensibles s’abstenir !

 

 

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Traîtement de faveur ou cauchemar ?

Aujourd’hui, vendredi 15 mars, après une nuit tranquille passée en face du golf Royal de Meknès, la journée s’annonce plutôt bien ! Nous étions à mille lieux d’imaginer ce qui allait nous arriver ! Il faut dire, que dormir au Maroc avec la Garde Nationale comme gardien, vous fait vite oublier les préjugés, les bruits environnants et vous envoie tout droit dans les bras de Morphée… Il fait soleil, nous envisageons donc de faire le tour de la ville en calèche pendant que les légumes mijotent à petits feux dans le fait-tout ! Ils seront aux petits oignons à notre retour.  Avant la reprise de notre route, il nous parait indispensable de visiter le Mosolée de Moulay Ismaël, qui se voudra envoûtant ! Le détail du travail des mosaïques, des sculptures sur bois ou pierres nous ferons réellement prendre conscience de la richesse de ce pays… Quelle préservation, un réel bonheur ! Repartant avec des étoiles pleins les yeux, Meknès est le dernier endroit sur notre itinéraire, où l’on peut se faire remplir les bouteilles de gaz. Il serait donc bête de se priver, à raison de 13 Dh le Kg, soit un peu plus de 200 Dh pour une recharge complète ! Nous mettrons peu de temps à trouver l’endroit, l’ennui est qu’ils ne rechargent les bouteilles en propane que le matin… Il est 15h30, dommage ! Que fait-on ? Restons-nous une nuit de plus ? Revenons-nous demain, sachant que Moulay-Idriss ne se trouve même pas à 40 Km du lieu de recharge ? Nous opterons pour la deuxième option, à notre dépend, mais ne le savons pas encore ! Direction Moulay-Idriss donc, pour la nuit puis retour sur Meknès le lendemain pour remplir nos bouteilles… Nous n’y retournerons jamais ! Peu avant la sortie de la ville, en direction de Volubilis, nous empruntons un grand rond-point et apercevons un type en nage, au regard vide, essayant d’arrêter les voitures passant à sa hauteur ! 500 m plus loin, au feu rouge, un homme à scooter s’arrête à notre hauteur et nous fait des signes. Il pointes ses yeux avec les doigts puis alterne index et majeur vers le haut pour finir par nous indiquer l’arrière du véhicule ! Quoi ? « Chouf, monter, derrière » ! Je jette un coup d’oeil dans le rétroviseur et aperçois la tête de l’illuminé, vu précédemment au rond-point… Le temps de détacher ma ceinture, de me diriger à l’arrière du véhicule et le voilà debout, sur le toit du camping-car ! Il a dû s’accrocher au porte-velos 500m plus bas, et là, vient d’utiliser les vélos comme échelle… On lui demande de descendre, en le menaçant d’appeler la police mais rien n’y fait, il a l’air bien décidé à rester ! Une personne s’approche de moi et me tape sur l’épaule en me disant : « ici, endroit police ». Je fais un rapide tour sur moi même pour m’apercevoir que nous sommes devant le siège de la Police Nationale de Meknès ! Et là, tout s’enchaîne, attroupement des gens autour du camping-car, klaxons retentissant des voitures et arrivée en trombe de la garde Nationale. Pendant le même instant, un camion se gare à notre hauteur, ce qui permettra au type, se sentant comme une proie en chasse de sauter sur son toit sans réfléchir, espérant nous échapper ! Le camion ayant senti la secousse, reste campé sur sa position, obligeant le type à ressauter sur le camping-car. Rien à faire, il compte bien y rester ! Là, un homme sort de la cabine du camion, grimpe sur le toit et saute à son tour sur notre camping-car ! S’engage alors un combat sur notre toit, qui ne prendra que quelques minutes avant que l’illuminé n’y soit couché, puis poussé à terre avant de prendre au passage quelques coups de savates par les policiers… Un officier vient me voir, me demande mon passeport et de me garer un peu plus loin. « Il y en a pour 5 mn Missiou, juste faire une déposition ». Me voilà 5mn plus tard, assis dans une salle avec 2 policiers en civil et le type. Ils parlent en Arabe et je ne comprends aucun mots. S’en suit l’arrivée de 4 hauts gradés en uniforme, me demandant de sortir un instant. Avant que la porte ne se referme derrière moi, j’aperçois un policier tendant un tesson de bouteille de bière à un officier ! Etait-ce pour faire parler le type ou avait-il ça sur lui, je ne le saurai jamais… L’attente à l’extérieur, me parait une éternité et visiblement n’était pas le seul, en retournant dans la salle… La tête du type avait changé de couleur ! Le voilà, bien rouge avec des yeux encore humides… On peut facilement imaginer ce qui s’est passé en mon absence ! Quoi qu’il en soit, tout doucement, va se mettre en place la prise en compte de la déposition. J’ai l’impression d’être dans un film. Une autre personne va arriver avec un écran, une tour d’ordinateur ainsi qu’une imprimante. Le tout, parait poussiéreux et j’en voudrais pour preuve, qu’à chaque sortie de papier, l’imprimante dégagera un nuage de fumée ! Pendant ce temps, d’autres cas se joindront à nous dans la salle, mais eux, n’auront pas droit au même traitement de faveur. Pas d’informatique pour les marocains ! Je commence à croire que cette mise ne scène est uniquement dispensée aux touristes, histoire de se donner de la contenance… Ce manège, initialement prévu pour 5 mn, se transformera en 3 heures ! Et pour cause, un homme détenu dans la salle, va débrancher les prises de l’ordinateur… Ah, qu’est ce qu’il va prendre lui aussi et sans gants ! N’ayant pris le temps de faire de sauvegarde, le policier va devoir tout retaper ! Après quoi, il sera obligé de reprendre la déposition par écrit, en arabe cette fois-ci pour les services internes ! A présent, on me demande de suivre un policier ayant menoté l’illuminé, pour rendre visite aux services judiciaires. On va traverser plusieurs étages à pieds, jusqu’au dit bureau. Là, s’engagera une discussion en Arabe et même si je ne comprends rien, il ne me faudra guère longtemps pour me rendre compte de l’irrecevabilité du dossier de part leur comportements et gesticulations ! Retour à la case départ… J’en peux plus, il fait nuit dehors, je commence à avoir froid et faim… Le fait de leur dire que ma femme et mon fils m’attendent dans le camping-car, garé au bord de la route et qui ne devaient patienter que 5 mn, fera accelérer les choses ! Deux, trois coups de fils plus tard et me voilà enfin ressorti de ce traitement de faveur qui se voudra être un cauchemar à la fin ! Les dernières paroles du policier seront les suivantes :  » Vous savez Missiou, c’est mieux arriver au Maroc que dans autre pays. Chez nous on dit que si arrive quelque chose, c’est que quelque chose pire nous attendait après » ! …

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Ne reprend la route qu’après avoir digéré ton amertume !

Après les 3 nuits passées à Agdz dans le camping de la Kasba du Caïd Ali, nous rentrerons doucement vers le Nord en direction de Marrakech. Nous sommes partis vers 11h et avons près de 230km d’asphalte à écraser et le col du Tichka à franchir ! Vers 12h30 nous ferons halte avant Ouarzazate pour déjeuner … Un camping-restaurant proposant des repas typiques marocains bios, niché au milieu des montagnes nous décidera rapidement ! Après 100m de piste, deux entrées s’offrent à nous. La première indiquant « camping » et la deuxième sur la gauche, voûtée comme il se doit au Maroc indiquant « restaurant ». Depuis l’extérieur nous pouvons distinguer le rejoignement des deux. Nous emprunterons la plus proche se situant juste en face de notre véhicule. Le cadre est typique, une grande coupelle avec du bois disposé en forme de tipi, trône au milieu des tentes en forme de U, sous lesquels nous attendent des salons marocains ! Une vraie invitation à la détente et à prendre son temps … Autour de nous, que des familles marocaines dont leurs enfants jouent sur cette place. Derrière les tentes, de grands jardins très verts, survolés par des centaines de libellules nous plongent dans la rêverie. Ici, aucune carte, que des menus du jour ! Une salade en entrée, des brochettes mixtes comme plat et une petite coupelle de fruits arrosée à la grenadine en guise de dessert. On est complétement relachés, on se sent bien, jusqu’au moment de payer l’addition ! Flo et Maxim ont à peine touchés à la viande grillée et le montant de 290DH me laisse un goût amer … Soit, il est temps d’avancer, la route est encore longue et je n’arrive pas à évaluer la traversée du col de Tichka culminant à plus de 2 500m d’altitude. A la sortie, cette fois-ci nous sommes face à la porte voûtée, et étant dans mes pensées, m’en aperçoit trop tard … Le camping-car est bloqué au milieu du porche !  Les deux côtés du toit touchent la voûte en terre et en descendant du camion une odeur de brûlé me chatouille les narines … Le store fixé dans l’angle gauche du toit, ressemble à une banane ! Punaise de punaise, enfin, mes mots ont été moins indulgents que ceux utilisés ici, vous pouvez certainement imaginer l’état dans lequel je me trouve … Une marche arrière s’impose, et pas n’importe laquelle, pied au plancher ! Flo devant l’entrée, reste blême. En remontant dans le camion elle me dit « T’as tout arraché ! ». Arraché quoi ? Ben la voûte en terre ! Rien à foutre, repondis-je en repartant sans demander notre reste … Ne pouvant me défaire de mes pensées, un repos salutaire pour vérifier l’état d’endommagement du véhicule est le bienvenu et le col sera remis à demain. La nuit ne m’aura pas totalement permise de digérer l’accident et j’ai l’envie d’en découdre le plus rapidement possible avec les 180km nous séparant de Marrakech ! Plutôt vigilant jusqu’ici, mes pensées négatives me donnent l’occasion de rouler un peu plus vite qu’à l’accoutumée ! Je vous le donne en mille : contrôle de police. 

<<Bonjour Monsieur, papier du véhicule, permis de conduire et passeport s’il-vous-plait>>

<<Vous venez d’être pris à 86km à l’heure sur une route limitée à 60km/h ! Cela fera 500DH et 2 points>>

<<Pu …. c’est pas vrai !>> (me dis-je dans ma tête)

Il me tend le pistolet avec vidéo de notre véhicule et km/h enregistré.

<<C’est bien votre voiture !>>

<<Oui Monsieur l’agent, je ne peux pas nier !>>

Je décide d’adapter profil bas avec une tête de chien battu ! Cela va s’avérer payant …

<<Vous êtes de la France ? Vous êtes tout seul ? C’est votre première fois au Maroc ?>>

<<Oui Monsieur l’agent, d’Alsace. Non Monsieur l’agent ma femme et mon fils sont derrière. Eh oui c’est la première fois au Maroc>>

<<Ah, ils sont fatigués et ils dorment ?>>

<<Non Monsieur l’agent, ils font l’école !>>

Il ne comprend pas et change d’attitude.

<<Ben oui Monsieur l’agent, on fait le tour du monde, on a vendu notre maison, c’est le camping-car notre maison aujourd’hui et tous les sous sont comptés …>>

Maxim à l’arrière dit :

<<maman, papa il va pleurer ?>>

L’agent quant à lui me dit :

<<Bon, c’est trop cher ?>>

<<Ben oui Monsieur l’agent, c’est beaucoup d’argent>>

<<Bon comme tu as un enfant, on va faire un petit prix …>>

J’attrape la balle au bond et lui tends 200DH !

Il me regarde et me dit :

<<Bon ça reste entre nous, pas de papier, mais fais attention la prochaine fois>>

Et met les 200DH dans sa poche ! Il arrête les voitures dans les deux sens et nous laisse partir … Bon, à partir de maintenant, j’arrête de me triturer le cerveau, ça ne m’apporte que des ennuis !

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Super, on va dormir dans le désert, dit-il !

Le lendemain de notre arrivée à Merzouga, au camping de la Gazelle Bleue, Mohamed nous dit que 6 personnes partirons bivouaquer dans le désert. Nous partirons avec eux, vers 16h à dos de dromadaires ! Depuis le temps que Maxim en parlait … La traversée de L’Erg Cherbi se fera presque dans toute sa largeur avant d’arriver au lieu du bivouac. Il ne reste que très peu de kilomètres nous séparant de la frontière Algérienne et assisterons à un magnifique coucher de soleil derrière la grande dune ! J’ai rarement vu un paysage aussi magique, presque envoûtant… Les couleurs des dunes passent du rose au violet, du vert au jaune et du orange au noir avec un bleu du ciel, couleur azur ! Nous sommes conviés à prendre le thé tous ensemble après le coucher du soleil, entourés des tentes berbères. Après quoi nous ferons réellement connaissance avec l’équipe du Forum (Michel et Hélene, Hervé et Annick ainsi que Guy et Nicole). Maxim, comme un poisson dans l’eau et avec son franc parler, va animer la soirée, comme seul lui sait le faire ! Il monopolisera la parole pendant le repas sans avoir l’air de déranger les autres. Après la Calïa (tajine de boeuf avec petits pois), se sera musique avec Hassan aux commandes ! Qui ne retrouvera-t-on pas dans l’orchestre ? Maxim, s’exerçant d’abord à la derbouka puis aux castagnettes Berbères. 21h passé, tout semble s’arrêter, il est temps de prendre nos quartiers et de passer une bonne nuit… Chaque famille a sa propre tente et chaque personne à son propre lit. Le sommier est en acier avec quelques lattes en aluminium, surmonté d’un matelas d’au moins 3cm d’épaisseur, couvert d’une couche impressionnante de couvertures… Au début, j’ai peur d’avoir froid et reste donc tout habillé. Après 20mn, je me dévêts peu à peu : chaussettes, pantalon, veste puis pull… Flo et Maxim quand à eux restent tout habillés et n’arriveront pas à se réchauffer ! En plein milieu de la nuit, Maxim se reveille en criant « maman, maman », là c’est sûr, je pense qu’on à réveillé tout le monde ! Faut pas oublier que nous sommes sous tentes et avons comme murs et portes, seul un tissu nous séparant ! Enfin bref, il doit aller aux toilettes, ben ouais, mais dans le désert … Ben, si, un bloc sanitaire avec 3 wc et 2 douches trône au milieu de nulle part ! Allez c’est parti, ahaaa, il fait quand même pas chaud dehors ! Après ça, difficile de retrouver le sommeil. Avant le lever du soleil, il doit être 5h00 passé, Maxim doit à nouveau all aux toilettes ! Il faut préciser qu’il à ingurgité pas loin de 7 thés hier soir et à l’absinthe, soit un durétique ! Il me faut à nouveau remettre mon pantalon, dormant sur le sol par 4°C, mes chaussures etc… Le temps d’attente à été trop long, le voilà pétrifié par le froid en train de pisser sur le tapis devant la porte de la tente… Nous ne pouvons pas empêcher l’éclosion d’un fou-rire général ! Flo, toujours pas rechauffée, a la bonne idée de se glisser dans mon lit de 70cm de large, dans l’espoir d’y trouver un peu de chaleur ! Je suis obligé de m’allonger sur le côté et ressens à ce moment là, de tout mon long, les barres en aluminium… Impossible de retrouver mon sommeil, ma chaleur et décide donc de me lever pour assister au moment voulu des astres, le lever du soleil sur la frontière Algérienne. J’étais seul au monde, joie de liberté et de contemplation. Sur le chemin du retour, Maxim, toujours avec son franc parler disait à tout le monde que papa et maman avait fait l’amour ! Tu imagines la tête de ta biroutte par 4°C, ton corps ressentir chacunes des lattes avec la goutte pendant au nez de ta femme… Vive la nuit dans le désert !

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Adam-Renoux, discrétion assurée !

Après plusieurs jours passés à Merzouga avec l’équipe du Forum (la maroc en camping-car) nous reprenons notre route vers la vallée du Drâa et décidons de faire halte à Tazarine dans une ferme au milieu des roches du désert. Nicole et Guy faisant partie de l’équipe du forum sont partis hier pour faire halte au Serdrar, calme, dépaysement et isolement… Le matin de notre départ j’ai pris le temps de consulter l’itinéraire, vu l’emplacement reculé de ce camping incontournable ! Environ 6 km de piste assez aisé pour les véhicules de tourisme et campings-cars selon les dires de l’équipe du forum. Un peu moins de 200 km à parcourir. Halte à Rissani, ville natale de la famille royale, pour y faire des courses et déjeuner. La route est plutôt bonne avec quand même quelques nids de poules et dos d’ânes, vigilence de rigueur ! A quelques centaines de mètres de Tazarine, un panneau indiquant le campement Serdrar à 12 km (piste). Je continue mon chemin en me remémorant le trajet étudié ce matin même. Traverser Tazarine, traverser l’Oued puis prendre à gauche jusqu’au panneau indiquant le camping. Jusqu’ ici tout va bien, sauf qu’ après presque 11 km, toujours aucun panneau ! Le soleil vient de se coucher, il est 18 h et je ne peux prendre le risque d’avancer à taton, il va bientôt faire nuit. Je trouve un endroit pour faire demi-tour, refais les 11 km, traverse l’Oued, prends à droite, traverse Tazarine et après 500 m, prends à droite au panneau indiquant le campement à 12 km ! Tout à coup, toum-toum-toum-toum-toum-toum, la piste empruntée est revêtue de tôle ondulée ! A 10 km/h, ouah, 12 Km comme ça, bon les enfants, on est pas encore arrivés ! Par endroit le chemin se divise en 3, sans aucune indication. Quelle voie suivre ? Je décide de toujours rester sur la gauche, au pu…. des ornières remplies de sable, l’anti-patinage clignote de temps à autre… Pas question de passer au ralenti, gaz, gaz !!! Déjà 3 km parcourus, toujours aucune flèche, aucun panneau… A quelque kilomètres devant nous, un 4×4 se dirigeant vers les montagnes. Ok, je le suis à longue distance, toum-toum-toum-toum-toum-toum, pu….. de tôle ! J’avais pas dit « plus jamais de piste » ? Le compteur indique 9 km parcouru, rien autour de nous, juste des montagnes et du sable ! Je commence à m’inquiéter, aurais-je emprunté la mauvaise route, c’est vrai quoi, 1 chance sur 3… Je décide de m’arrêter demande à Maxim de me prêter ses jumelles avant de continuer ma route ou de faire demi-tour ! Soudain, en ayant bien pris le temps de ratisser les parages aux jumelles, j’aperçois au loin des petites tâches blanches les unes à côté des autres « certainement des campings-cars », ouhais, on ne va peut-être pas passer la nuit au milieu du désert (merçi Séba et Manu, pour les jumelles). On reprend la piste et l’on voit au loin un dingue, arriver en quad à vive allure… Il s’arrête à nos côtés et nous demande si nous sommes les amis de Nicole et Guy ? Ben, oui pourquoi ? C’est eux qui m’ont demandé de vous chercher, ils s’avaient que vous deviez arriver aujourd’hui, alors ils vous ont attendus ! Devant l’entrée du camping, tous les campings-caristes nous attendaient, wouah quel acceuil ! Impossible de passer inaperçu… Youssef nous place, ok pour ici ! J’éteins le moteur et descends du camion. Youssef me demande de me décaler un peu, je suis trop prêt des voisins ! Bon, ok… Je remonte, mets le contact, braque au max, enclenche la marche arrière, allez c’est parti… Je bouge de 50 cm et plus rien, qu’est ce qui ce passe ? J’insiste de plus belle et là Youssef arrive en courant « arrête, arrête » ! Je descends, regarde ce qui coince. Ah d’accord, je viens de m’ensabler sur presque 40 cm avec les roues arrières ! Pas de pelle, allez à 4 pattes et à la main…  Non mais, faire 12 km de piste pour « s’enterrer » dans le camping, il faut vraiment être un manche… Après l’aide de tout le monde pour sortir de notre trou, on file rapidement, queue entre les jambes, dans notre camping-car pour manger et dormir tôt ! Le lendemain au reveil, on ne manque pas de vous demander si l’on est remis de nos émotions. Vive la discrétion… D’autant plus que le panneau à la sortie de Tazarine après l’Oued à gauche se trouvait à 12 km, soit 1 Km après mon demi-tour !

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Telouet, viens voir si j’y suis !

La journée a plutôt mal commencée ! Flo s’est réveillée vers 7h00. J’ai entendu les tapotis, madame est en train d’écrire des mails, à 7h15 … Je me lève, veux aller aux toilettes et là, elles sont pleines ! Cela m’oblige à m’habiller et à sortir par 6° pour rejoindre le bloc sanitaire du camping. En revenant, je veux me servir un café, que Flo prépare tous les matins, et là la cafetière est vide. Bon, on va s’en couler un autre !… Ensuite, vidange des eaux usées et remise à niveau de l’eau propre pendant que Flo règle la facture à la réception. A son retour, on peut enfin quitter les lieux, mais c’était sans compter sur ces « vieux cons » de retraités qui eux font la vidange, le plein et vont payer après ! Ca veut dire 3 campings-cars à l’arrêt, devant la barrière moteurs allumés, avec papy et mamy en attente de paiement au guichet de la réception… Fucking Old Fox… Nous devons prendre notre mal en patience ! Cela ne m’empêche pas de râler sans pour autant faire avancer le « schmilblick » ! Ah si quand même une bonne nouvelle ! Nous avons pu faire remplir nos bouteilles de gaz françaises en Propane à la sortie de Marrakech, sur la route de Safi chez Afriquia gaz ! Si toutefois, c’est bien du propane avec lequel il m’on refait le plein et non du butane… Egalement le repas de midi pris dans un tout petit Douar à quelques kilomètres de Marrakech : 1 tajine, 2 x 3 brochettes de poulets  avec boissons et café pour 140 Dh ! C’est après qu’on va rigoler, jaune, vert et peut être pas revenir… Dans le guide du routard, il conseille de passer la nuit dans une auberge à Telouet. On est resté sur : « l’accès est long, mais l’effort en vaut la peine. Voici un camping verdoyant, tapi au bord de l’oued. La pelouse couvre près de 1,5 Ha dans un verger très ombragé et irrigué. Une tente saharienne invite à prendre le thé ». C’est plutôt sympa ça, allez, on y va ! On aurait dû plutôt rester sur « à 7 km du col du Tizni-n-tichka, en direction de Ouarzazate, prendre une étroite route goudronnée sur la gauche avec quelques petits passages endommagés. Elle conduit en une vingtaine de Km au village de Telouet (compter 30 mn). A 2,5 km au-delà de Telouet prendre à gauche la piste carrossable sur 7 Km« . Putain de merde c’est çà qu’on a pas retenu ! Au fur et à mesure de notre avancée, je me disais « fais demi-tour, on va y rester » mais là encore c’était sans compter sur le bulldozer assis à côté de moi qui dit toujours « moi je suis comme St Thomas, je ne crois que ce que je vois » ! Et pour l’instant elle ne voit pas… Ils auraient dû préciser dans ce guide, 4X4 aucun problème mais Camping-car de 7 m 50, chouia problème, merde ! Ca monte, ça descend, tourne, la route est en terre avec des petites portions en cailloux. A deux reprises, je sens la roue arrière droite se dérober le long du précipice. Je vous jure, j’en ai encore des sueurs froides… Nous arriverons finalement après de longues minutes à bon port. Ah oui, à plusieurs reprises on demande notre chemin et les gens tellement contents de vous aider, répondent par l’affirmative à toutes vos questions. Attention ! Il est presque 18H à notre arrivée et pas âmes qui vivent dans cet endroit plutôt sympa il faut le reconnaître ! Une jeune femme nous acceuille avec grand plaisir et parle très bien notre langue. Nous passerons commande d’une soupe marocaine, d’un couscous au poulet et d’un dessert au lait d’amande moulu avec des rondelles de bananes, prêt à déguster 1H30 plûs tard. Afoulki en berbère (beauté), je suis tombé sous le charme de cette jeune gazelle. Le chemin en sens inverse me fait peur alors peut-être vais-je rester ! Ils ont certainement besoin d’un homme là-dedans…

                                              

                                           

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Ce n’est pas toujours qu’une histoire de flair !

C’est lundi 14 Janvier, au coûcher du soleil que nous prendrons place sur les hauteurs d’une plage vierge à Taghazoute. Deux camping-cars y sont déjà installés ! Des allemands me semble-t-il, mais l’obscurité naissante m’empêche d’en avoir la certitude. 19h, l’appel du muezzin, c’est donc l’heure de … l’apéro bien sur ! Et ce sera comme à l’accoutumée que nous couperons des quartiers de citrons, déposés sans ménagement dans un mélange d’un tiers de sucre de canne pour deux tiers de rhum blanc martiniquais. Dans le premier camping-car ce sera atelier « ti-punch » et dans l’autre atelier cuisine… Soudain, on toque à la porte ! Bonjour « misiou » je « soui » le gardien ! Tom, interloqué fait un quart de tour et passe sa tête dans l’encadrement de la porte en lui disant que c’était gratuit pendant 3 jours… Le marocain à peine visible dans cette pénombre, surpris, tente de se justifier ! Après avoir allumé la lumière extérieure, nous décidons de descendre du camion pour nous mettre à sa hauteur. Enfin, s’engage véritablement la discussion : il nous demande 25DH chacun, chose que nous réfuterons bien évidemment. Puis, il essaie de nous amadouer en nous flattant. Comme le vent n’a pas l’air de tourner en sa faveur, il va tenter sa dernière chance en invoquant la misère, le gaspillage royal, la colère du peuple, de la pitié en quelque sorte. Nous l’écouterons jusqu’au moment où il va nous demander de l’alcool ! Maintenant, après s’être quelque peu laché, cet homme que nous soupcionnons de faux gardien nous dévoilera son degré d’alcoolémie par son haleine ! Un rapide coup d’oeil à Tom nous mettra d’accord sur 30DH pour les deux véhicules. Monnaie sonnante, il poursuivra sa quête … Cette âpre négociation nous aura donné soif et demanderons aux femmes de nous rejoindre. Ce sera accompagné d’une cigarette que nous partagerons ce moment à l’extérieur bien sûr. A une soixantaine de mètres de là, l’homme rencontré précédemment a décidé de frapper à d’autres portes mais c’était sans compter sur le sens de l’accueil des allemands … Des jurons se font entendre et la porte lui est sèchement claquée au nez. Dix minutes après, deux halots de lampes balaierons la côte et ses environs pour quelques temps. Nous apprendrons un peu plus tard par un allemand venant à notre rencontre, muni d’un gros gourdin, qu’il s’est pris deux gros cailloux sur son camion ! Comme quoi, il faut toujours se mettre à la hauteur des autres et en plus du flair, avoir du nez … Quoi qu’il en soit, mieux vaut pour le marocain ne pas tomber sous leur gourdin, car les allemands en ferait du pâté pour requins !

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Les bienfaits du Hammam des femmes de Tafraoute !

Après avoir pris un dédale de rues, nous arrivons enfin au hammam, non sans avoir demandé à 2 reprises où il se trouvait. Nous prenons ce que nous supposons l’entrée des femmes, et tombons directement sur un vestiaire rempli de femmes et d’enfants. Une vieille femme édentée nous accueille, me prend le bras et nous ressortons pour aller prendre nos tickets d’entrée dans un kiosque. Pour 6 personnes (2 filles, Pat et moi + Thom et Maxim) nous en aurons pour 150DH avec gommage + massage. Les garçons partent côté hommes et nous, nous reprenons le chemin inverse accompagné par cette dame. Arrivées dans le vestiaire, voyant les autres femme dénudées, je propose à Pat de nous déshabiller totalement ainsi qu’aux filles. Nous entrons dans une deuxième pièce, puis une troisième et enfin une quatrième où les 2 femmes qui vont nous prendre en charge nous demandent de nous asseoir à même le sol. Avec quelques réticences, car le sol ne nous semble pas très propre, nous finissons pas nous adosser au mur et essayer de nous détendre. Il faut dire qu’elles ne comprennent pas le français et nous ne savons pas encore à quelle sauce nous allons être « manipulées ». Sans ménagement la plus vieille des 2 demande à Patricia de s’allonger et commence avec le fameux gant en plastique de lui frotter tout le corps. Pat ne dit rien, rigole pour prendre une contenance, mais n’en perd pas une miette de la façon dont sa manipulatrice lui enlève les peaux mortes … Puis arrive mon tour. La plus jeune me fait le geste de m’allonger sur le dos et commence sans « prendre de gant »  avec le même type de gant de me raper tout le corps … J’essaie de me détendre en fermant les yeux, elle me tapote quand je dois changer de position. Puis une fois terminé, elle va chercher des seaux d’eau et m’arrose tout le corps avec une sorte d’écuelle. Cela va très vite. Je m’attendais à plus de langueur, mais pas le temps de s’éterniser. Je lui demande si je peux me faire un shampoing, elle ramène des échantillons Head and Shoulders parfum menthe. Quelle idée d’avoir accepté ! Je me masse le cuir chevelu et au bout de quelques secondes, je sens tout mon crane me brûler ! Au secours, vite de l’eau. Eve voulant bien faire me verse de l’eau sur les cheveux et le visage et voilà que je ressens encore plus de picotements dans les yeux et sur le reste de la figure. Au bout de plusieurs rincages, la sensation s’atténue enfin. Quel moment de détente ! Je me dis que va venir le temps du massage qui va me faire tout oublier. J’attends, j’attends mais personne ne vient nous masser. Je prends les devants et vais voir celle qui m’a gommé et lui fait comprendre que nous avions également demandé un massage. Elle vient nous rejoindre et à sa mine, je devine une certaine impatience et contrariété. Quelle idée d’avoir insisté. Elle commence par me faire faire des flexions-extensions avec mes bras, mes jambes, me retourne sur le ventre et me triture les trapèzes à croire qu’elle y prenait un malin plaisir de m’entendre gémir. Bref une séance de torture, mais qui heureusement ne dura en tout et pour tout que 5mn. Ouf ! Maintenant je n’ai plus qu’une envie, fuir cet endroit tant convoité, mais que je sens hostile. J’arrive dans le vestiaire pour m’habiller rapidement et laissant Pat et ses filles se faire masser. Elles sont toutes là avec leurs enfants et parlent et parlent arabe. Je ne comprend évidemment rien, mais aucune ne se tourne vers moi pour un quelconque sourire ou désir de communiquer. Vite fuyons … 

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