Balos, j’y vais, j’y vais pas, allez j’y vais…

Le 23 Novembre après une nuit pleine de tracas, suite à mes recherches sur internet concernant la visite de Balos, deux alternatives s’offrent à nous ! Soit d’emprunter la piste de presque 9 kilomètres avec plus de 10% de pente, soit de prendre le bateau et laisser le camping-car au port de Kissamos en payant 73, 50 € pour les 3 ! Je passerai donc une bonne partie de la journée à scruter les allées et venues des quelques véhicules osant emprunter la fameuse piste… Le temps est magnifique en cette journée, aucun nuage à l’horizon. Aussi sur la plage à quelques kilomètres de Kissamos, muni des jumelles m’étant offertes pour mon anniversaire (merci Flo), j’observe les véhicules de tout leur long. A ma grande surprise, que des 4 x 4 montant et descendant à très, très faible allure sont aperçus ! Le léger vent pénétrant ma chevelure, me fait prendre conscience de l’importante décision ! Mon côté très courageux me dit : « t’es fou ou quoi, soit on y reste, soit on y laisse quelque chose » ! L’autre me dit : « mais oui, vas-y, t’en à déjà vu d’autre, remémore toi le Maroc avec Telouet »… Eh bien moi j’en sais rien, je ne suis pas Gémeaux pour rien, je crois ! Si j’étais né 1 mois plus tôt je serai Taureau, et là plus d’ambiguïté, allez on fonce ! Quoi qu’il en soit, en fin d’après midi, n’ayant toujours pas pris de decision, nous commencerons donc par d’abord faire des courses. Sur le chemin vers Kissamos, comme une providence, se tient soudain un panneau signalant la direction d’Elafonissos ! Super se dit ma conscience, la décision ne sera pas nécessaire ! Virage à 360° donc, et à nous le beau lagon d’Elafonissos. La route par contre ne va pas être à la hauteur de notre enthousiasme ! Après une déviation pour cause de refection de chaussée la route deviendra très étroite, traversant des plantations d’oliviers, des petits villages de montagnes et ceux sans compter sur les véhicules crétois roulant à toute allure… Après 2h00 de route, nous y parviendrons quand même, mais de nuit. Chemin aidant, ma petite conscience a, à nouveau réveillé Balos. C’est vrai quoi, après cette route de m…., il aurait peut-être mieux fallu tenter la piste de 9 km ! Raison de plus en voulant accéder à la plage du lagon ! Le chemin est en pente et les pluies l’ont raviné sur toute la descente. Par endroits, sans mentir, les ornières atteignent au moins 40 cm de profondeur… C’est dégouté, que nous rejoindrons le village traversé précédemment pour y passer la nuit. Mais non avoué vaincu puisque le lendemain nous y passerons une superbe matinée malgrè le vent et les nuages. Le lagon se traverse à pieds, le sable est rose et le site, classé Natura 2000. Regonflé à bloc, ma peur mise de côté, le camping-car remontera finalement vers Balos mais pas par la même route. Nous longerons la côte Ouest, et ne traverserons plus les montagnes… La route se déroule sans encombre, l’itinéraire est plus long de 40 km mais il ne nous faudra pas plus d’une heure et demi pour arriver sur Kissamos. Avant d’arriver, un autre panneau nous fait un clin d’œil, vous l’aurez deviné ; Balos 11 km ! Allez on va voir, dit-il ! C’était encore une fois sans compter sur le village à traverser pour atteindre la piste. Deux maisons très hautes, légèrement penchés l’une en face de l’autre auront raison de notre camping-car, qui fera ni plus ni moins, que demi tour. AGRHHHHHH !!! S’il y a quelque chose qui me rend hors de moi, c’est bien de renoncer alors que mon courage à pris le dessus sur ma conscience ! Bon, il nous reste toujours la deuxième alternative, le bateau… Arrivé au port de Kissamos, 4 gros bateaux se tiennent le long de quai. Malheureusement, à croire que le sort s’acharne sur nous, le dernier faisant la navette pour Balos s’y rendait le 29 octobre ! Le soir même, toujours aussi déterminé à voir cette merveille, je parviendrai à localiser un petit chemin traversant les quelques serres de concombre longeant la côte, grâce à Google Earth ! C’est sourire aux lèvres, plein d’étoiles dans la tête que je vais pouvoir me laisser plonger dans les bras de Morphée… A notre réveil, le temps est gris, il a plu par intermittence toute la nuit et quelque chose me dit que le moment n’est pas opportun à visiter le lagon aujourd’hui. Nous trouverons donc de multiples distractions dans l’attente d’un jour meilleur ! Deux jours plus tard le temps est toujours aussi maussade à notre réveil, nous déciderons donc avec regret de continuer notre route avec un fort sentiment d’un accomplissement non abouti. En faisant les cours à Maxim ce matin, je me sens vide et absent… Après le déjeuner, c’est comme si quelqu’un m’avais entendu, le fort vent va laisser apparaitre une éclaircie ! Je ressens le moment et ma petite voix me dit : « Vas-y c’est maintenant ou jamais ». Ok, vaisselle rapide, plein d’eau et en avant … Google Earth ne m’ayant pas trahi, nous voilà aux portes de la piste ! Nous sommes le 26 novembre, il est 15h07 et sommes à 15m au-dessus du niveau de la mer. Après 1 km, un regard complice vers Flo, sourire aux lèvres, nous nous écrions :  » on y est, et en plus la piste est plutôt en bonne état ». Du moins on le pensait jusqu’ici, car après avoir entamé le deuxième virage, la chanson prendra une toute autre tournure ! Ca grimpe sévère, le chemin est à l’aplomb de la falaise et les dernières pluies l’ont transformé en quelque chose de déjà vu 3 jours auparavant à Elafonissos… Mais là, par contre, il n’est pas question de faire demi-tour et quand bien même l’envie nous prendrait, ce serait impossible et surtout très dangereux ! Crispés comme jamais, nous continuerons notre ascension vers les cieux.  Flo ayant une peur bleue du vide, me demande de ne pas trop serrer vers la falaise ! Endossant mon rôle de nouveau pacsé aimant, je m’exécute sur le champs et rentre dans une ravine énorme nous faisant soudainement basculer à gauche. « Pu…., on va y rester ou crever un pneu, alors s’il te plait arrête de me dire ce que je dois faire et fais moi un peu confiance ». Je ne sais pas pourquoi mais à ce moment là, je vois mon ami « David Grossé » et essaie de visualiser le trajet qu’il emprunterait à notre place avec son 4 x 4. Le camping-car se comporte comme un bateau sur une mer agitée mais continue néanmoins son ascension… Nous ne rencontrerons aucun véhicule, ni âme qui vive à part des chèvres sorties de nulle part, nous accompagnant par moments. Il faut préciser que nous resterons en 1ère la majeure partie du temps avec un compteur affichant entre 10 à 15 km/h ! Il est 15h50 et arrivons sur le petit parking, culminant à plus de 760 m au-dessus du niveau de la mer ! Après 15 mn de marche nous arriverons au point de vue espéré ! A ce moment précis le temps semble s’être arrêté, nous resterons tous les 3 pendant quelques instants immobiles, subjugués par la beauté du site… Le sable est blanc, l’eau du lagon revêt un dégradé du transparent au bleu marine, nous sommes au bout du monde  » Baaaloooos » ! Excités comme des puces, nous continuerons notre descente pour nous baigner. L’eau est chaude mais nous n’aurons pas le temps de nous éterniser. Le soleil rasant ne va tarder à disparaître , laissant place à l’obscurité et l’ascension jusqu’au parking prend au moins 40 mn. L’arrivée au camping-car se fera dans la pénombre et malgré les panneaux de signalisation nous braverons les interdits et déciderons de bivouaquer ici même cette nuit ! Nous n’étions pas au bout de nos surprises et à mille lieux d’imaginer que le vent allait soudainement se réveiller… Nous avions placé le véhicule entre une petite maison et un bateau sur cales à l’aplomb de la falaise, pensant être à l’abris ! La stratégie se voulut être la mauvaise ; réveil en sursaut à 00h03, par la force du vent ayant ouvert un lanterneau. Ma lucidité et ma rapidité auront éviter l’arrachement ! Les bourrasques se veulent de plus en plus fortes, nous sommes secoués comme dans certains manèges de fêtes foraines. Ca fait peur par moment ! L’endroit choisi, se voudra en réalité être un couloir… Une heure plus tard, je décide de changer de place après avoir bravé le vent en ressentant vivement sa direction… Ca va un peu mieux, mais sans nous permettre de trouver notre sommeil. Quelques heures plus tard Flo me dit :      -  »Quelqu’un sonne »

- »Sonne quoi, et où ? »

- »Ben écoute ! »

- »Ah oui… »

Il est 7h00, et la sonnerie en réalité, se veut être le klaxon du 4×4 d’un berger appelant ses chèvres… En résumé, Balos çà déchire, âmes sensibles s’abstenir !

 

 

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